La Résurgence du Cros

Il jaillit dés l’automne d’un rocher au fond d’un ravin. Cette résurgence est importante et ses galeries souterraines assez vastes pour êtres explorées sur plusieurs dizaines de mètres par les plongeurs. Ces galeries passent sous le village de Chez Bertit. Elles se prolongent bien plus loin, du colorant versé à la Fond de Tillet sur la commune de St Genis est ressorti quelques jours plus tard au Cros. Comme beaucoup d’autres sources il fut l’objet au Moyen Age d’un culte païen. On y vénérait les forces mystérieuses de la terre et de l’eau symboles de vie et de prospérité. L’été l’eau ne jaillit plus au Cros, même ne coule plus, mais elle réapparait à la fontaine de Ladoux. Ce joli ruisseau est le seul de la commune qui ne tarisse jamais.

« C’est une source vauclusienne qui avait autrefois un débit irrégulier. Il y a quelques décades, des spéléologues en ont remonté le cours en direction de chez Bertit, élargissant forcément le conduit et régularisant le débit de ce fait. La source alimente le ruisseau, le LADON, bref affluent de la Charente » Mme Valentine ALLIAT, Jadis n°3

« A proximité du bourg de Marsac, se trouve le hameau de Ladoux autour d’une fontaine qui lui a donné son nom puisqu’en ancien français « la doux » signifie résurgence, source ou fontaine. Comme beaucoup d’autres fontaines en Charente, elle a été jadis l’objet d’un culte puisque nos ancêtres les gaulois y vénéraient les forces cachées du sol et les divinités protectrices de la terre et de la prospérité. Pendant longtemps l’Église a fort à faire pour supprimer ces cultes d’origine païennes qui ont pourtant subsisté dans nos campagnes jusqu’à nos jours. » Exposé de Mr Baudet, professeur d’histoire.

« La principale curiosité de Marsac est sa jolie fontaine de la Doux qui jaillit en bouillonnant au pied d’un rocher, à un kilomètre du bourg et qui rappelle en petit la source de la Touvre. Cette magnifique fontaine faisait autrefois mouvoir un moulin, établi seulement à quelques mètres de la source. » Martin Buchey, « Géographie historique et communale de la charente ».

« Un ruisseau arrose la commune: la Doux. C’est un petit bouillant sortant de terre au pied d’un rocher. Il est alimenté par quelques fontaines naturelles. Ses eaux sont d’une limpidité parfaite et assez abondante pour faire tourner un moulin situé à quelque distance. Il donne son nom à un village: Ladoux.

La fontaine de Ladoux

En général ce sont des sources aménagées. Un puits à leur emplacement et au dessus un petit édifice qui abrite pompe. Animée par un volant ou un balancier elle permet de puiser l’eau l’été.

Le lavoir de Ladoux proche de la fontaine a toujours de l’eau. La fontaine et le lavoir bien entretenus sont répertoriés dans « Les lavoirs de nos villages » de Pascal DUVIDAL.

Près du village de Ladoux, au nord ouest du bourg de Marsac, la petite fontaine qui jaillit en contrebas d’un rocher en bouillonnant est une source vauclusienne. Elle est à l’origine d’un ruisseau qui rejoint la Charente et qui alimentait jadis un moulin. L’origine celtique du mot  » Doux  » (point d’eau, fontaine) indique à l’évidence l’ancienneté d’un habitat humain sur ce site.

Au cours du XIXe siècle, la notion d’hygiène et de propreté se développant, incite à des lavages plus fréquents et les lavoirs apparaissent. Mais c’est sans doute l’épidémie de choléra de 1849 qui entraine leur aménagement et leur développement grâce à la loi du 3 février 1851, votée par l’Assemblée Législative. Celle-ci débloque un crédit de 600 000 francs destiné à aider les communes à créer des lavoirs public, si leur situation financière ne leur permettait pas d’en assurer seule le coût. En contre partie, les plans des lavoirs devaient être présentés au Ministère de l’agriculture pour agrément. Les habitants des hameaux proches, de leur côté, se cotisaient pour compléter l’apport communal et en assurer leur construction en fonction de leurs possibilités. Lavoirs et fontaines étaient soit, propriété des villageois lorsqu’ils avaient participé, soit communaux. Certains se situaient au cœur des habitations, d’autre dans la périphérie: au bord des routes ou même dans les bois. Au début, une mare faisait office de lavoir. Progressivement, de petits barrages s’installent sur les ruisseaux ou à côté des sources. L’entourage des lavoirs était souvent dallé et ils possédaient une ou deux tables en pierre, un puisard ou un second bassin. Et comme de tous les temps la lessive était une affaire de femmes, les lavoirs étaient devenu leur domaine. C’était aussi une affaire de peine, certains étant fort éloignés ou en contrebas, demandant effort et fatigue pour remonter la brouette chargée de linge mouillé. Alors on faisait appel aux hommes, dont la présence était interdite dans le lavage. Mais c’était surtout un endroit convivial: un témoignage de la vie locale, où les bavardages de chacune alimentaient les chroniques du pays et renforçaient le lien social. Parfois des pugilats éclataient et pendant les bagarres, les protagonistes finissaient dans l’eau. Au XXe siècle, les années 60 ont sonné le glas des lavoirs avec l’apparition des machines à laver et l’eau courante. Peu à peu ils sont tombés dans l’oubli et ensevelis sous les pierres et la végétation.