Eglise Saint-Gervais et Saint-Protais

Gervais (Gervasius) vient de gérar, qui veut dire sacré et de vas, vase, ou bien de gena, étranger et syor, petit. Comme si l’on voulait dire qu’il fut sacré par le mérite de sa vie, vase (146) parce qu’il contint toutes les vertus, étranger parce qu’il méprisa le monde et petit parce qu’il se méprisa lui-même.

Protais (Protasius) vient de prothos, premier et syos, Dieu ou divin ; ou bien de pocul et stasis, qui se tient loin. Comme si l’on voulait dire qu’il fut le premier par sa dignité, divin par son amour, et éloigné des affections du monde. Saint Ambroise trouva l’histoire de leur martyre dans un écrit placé auprès de leur tête.

Gervais et Protais, frères jumeaux, étaient les enfants de saint Vital et de la bienheureuse Valérie

L’église qui a remplacé celle signalée en 1110, a 30 mètres de longueur sur 6m10 à l’intérieur. Elle se compose d’une nef de trois travées, voûtées en briques en 1885, avec doubleaux portés par des colonnes à chapiteaux anciens ornés de feuilles d’eau. Une fenêtre, étroite et simple, est percée sur chacun des côtés des deux travées orientales. Le faux carré est surmonté d’une coupole sur pendentifs dont les arcs brisés ont un gauchissement très sensible ; ils sont a deux voussures et retombent sur des piles formées d’un dosseret de 1m15 sur 0m30 et de deux colonnes, aux chapiteaux sculptés de beaux motifs d’acanthe. Une fenêtre et l’entrée de l’escalier sont au Nord. Le chœur, à chevet plat, de même largeur que les deux autres parties, est percé d’une baie simple de chaque coté, et d’un triplet à l’Est avec colonnettes à l’intérieur, et à l’extérieur, sur la baie centrale seulement. Une voûte d’ogives du XVe siècle le recouvre.

On voit sur la façade, deux larges contreforts en glacis et retraité s sur les angles ; une porte en plein cintre à quatre voussures, aux arêtes en baguette, avec colonnettes et cordon chargé de pointe de diamant ; deux corbeaux , reste d’un porche , une fenêtre étroite, un pignon sans bandeau. Deux corbeaux placés au-dessus de la porte font croire qu’il a existé un porche de charpente aujourd’hui disparu. Sur les murs latéraux sont montés en des contre contreforts de 1m40 de saillie sur 1m10 ; ils sont obliques sur les angles du chevet. Ces puissants contreforts, les bases et la décoration des chapiteaux datent l’Eglise de 1160 à 1170.

Les fonts baptismaux, de petites dimensions remontent à l’époque romane. Ils sont de plan rectangulaire ; les faces sont ornées de trois zones horizontales de cercles et les angles sont amortis par trois boudins.